Sans dialogue social, la reprise d’activité « ne marchera pas », dit Laurent Berger

Rédigé le 07/05/2020



Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a jugé que faute de dialogue social au sein des entreprises, la reprise d’activité après le confinement ne « marchera pas ».

Si ça ne fait pas l’objet d’un dialogue social au sein de l’entreprise, ça ne marchera pas. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a évoqué la reprise de l’activité économique, après le confinement : https://www.youtube.com/watch?v=iefM43tltT8

Il a également évoqué le « protocole national de déconfinement » diffusé dimanche par le ministère du Travail. Le document est intéressant sur les aspects techniques, mais il n’a de sens que s’il fait l’objet de discussions, de dialogue, a encore estimé le dirigeant syndical.

Il fait l’exploit, le protocole du gouvernement, de ne jamais prononcer ou écrire dialogue social, représentants du personnel, a-t-il relevé. Si ça ne fait pas l’objet d’un dialogue social au sein de l’entreprise, ça ne marchera pas, a-t-il ajouté, à propos de la reprise de l’activité.

Aujourd’hui, les entreprises qui ont recommencé à avoir de l’activité, à chaque fois que ça fonctionne bien, c’est qu’il y a eu le temps de s’interroger avec les représentants du personnel et même avec les salariés sur l’organisation du travail, a assuré Laurent Berger.

Les aides jugées « insuffisantes »

Il a aussi insisté sur ce point dans une interview au Monde en ligne : C’est incroyable qu’il n’y ait pas au minimum une explication pour dire que ces préconisations doivent être mises en œuvre dans le cadre d’un dialogue interne. Les entreprises qui vont l’appliquer de manière unilatérale risquent de passer à côté de l’essentiel, c’est-à-dire redonner confiance aux salariés.

Il a en outre jugé insuffisantes les aides débloquées par le gouvernement pour les plus démunis, y compris celle annoncée lundi de 200 €, versée en juin à quelque 800 000 jeunes de moins de 25 ans précaires ou modestes.

Nous réclamons 250 € par mois et par personne pendant toute la durée du confinement et que le RSA soit versé aux moins de 25 ans, a-t-il précisé. Je ne dis pas que les pouvoirs publics n’ont rien fait, mais ces gestes doivent être pérennes car le risque est grand que ces publics soient oubliés par la suite. Notre pays va devoir faire preuve de beaucoup plus de solidarité que par le passé, a-t-il souligné.

Plus généralement, il a jugé préoccupant le climat social : Le niveau de confiance dans le pays est faible, la tentation de la conflictualité est forte parce qu’il y a des situations d’inégalités et une absence de visibilité sur la suite.